Ces dernières années, le secteur de l’horeca a été durement touché. La crise sanitaire a mis en évidence ses faiblesses, la pénurie de personnel est devenue criante et l’image d’horaires inhumains et de charge de travail écrasante a persisté. Mais ceux qui pensent encore aujourd’hui que l’hospitalité est figée dans ce vieux schéma regardent en arrière alors que le secteur va de l’avant.
Dans l’enseignement, nous le constatons chaque jour : les jeunes choisissent délibérément le savoir-faire, l’expérience et le travail axé sur l’humain. Non pas malgré le secteur, mais précisément parce qu’il se réinvente. Les horaires de travail sont revus, les conditions de travail s’améliorent et un équilibre sain entre travail, famille et loisirs redevient possible. Ce n’est pas un luxe, mais une condition nécessaire pour attirer et retenir les talents.
L’avenir de l’hospitalité ne réside pas dans la nostalgie, mais dans la professionnalisation. Dans un développement poussé des talents, un accompagnement solide des stagiaires et une transition claire entre la formation et le monde du travail. Les élèves doivent pouvoir découvrir leur passion : cuisine collective, hôtellerie, restauration et cuisine, boucherie, boulangerie ou tourisme. Cette liberté de choix fait la différence entre renoncement et excellence.
Ce que l’on oublie souvent dans le débat public, c’est la force de l’enseignement professionnel. Les écoles hôtelières ne forment pas des rêveurs, mais des spécialistes. Des jeunes qui savent ce qu’est le travail, qui assument leurs responsabilités et qui comprennent que l’hospitalité ne se limite pas au simple service. Il s’agit de créer de la qualité dans des moments de détente, de connexion et d’expérience. Et c’est précisément ce dont notre société a de plus en plus besoin !
Le secteur ne va pas disparaître, bien au contraire. Il va se transformer, devenir plus durable, plus humain et plus attrayant. Cela prendra du temps, mais le mouvement est lancé. Ceux qui investissent aujourd’hui dans la formation et l’accompagnement récolteront demain des professionnels fiers de leur métier et devenus les ambassadeurs de leur secteur. L’immense communauté d’anciens élèves – dans toutes les régions, y compris les plus élevées – en est la preuve quotidienne.
L’hospitalité et l’accueil n’ont pas besoin de compassion, mais de confiance. Pas de lamentations, mais de l’ambition. Et surtout : la reconnaissance qu’il s’agit d’un métier merveilleux, dans lequel on peut construire quelque chose. Pour soi-même et pour les autres.
Geert Vanhove
Directeur de l’école hôtelière Hasselt GO!Next